Choom. Toi qui lis ça, t'es soit du coin et t'es paumé, soit t'y arrives ce soir pour la première fois. Dans les deux cas, voilà ce qu'il faut savoir avant de foutre un pied dans le Secteur 7. On va pas te la faire à l'envers : ici, personne va t'expliquer les règles deux fois, alors autant les lire maintenant.
On est en 2077. Toulouse résiste à l'invasion des mégacorporations — ici, c'est resté municipaliste. Pas de multinationale qui gouverne à la place de la mairie, pas de milice privée non plus. Ça reste une ville où on peut encore dire non à Arasaka sans finir sur une liste noire, et où l'ultracentre appartient encore, un peu, à ceux qui l'habitent.
Le Secteur 7, c'est le nom de notre quartier. On est des parias, des punks. On refuse l'ordre établi. On s'auto-organise, on s'auto-gère et on s'auto-défend. La moitié d'entre nous porte des implants illégaux, mais ici, personne te dira rien. Le Secteur 7 n'est pas un ghetto qu'on subit. C'est un choix. Ceux qui restent le font parce qu'ailleurs on leur demande des papiers qu'ils ont pas, et qu'ailleurs ils sont fliqués et filmés, algorithmés H24. Pas chez nous.
Depuis toujours ou presque, on augmente les corps. Trois façons de le faire, et ça change tout :
Depuis le 24 octobre, il y a pile une semaine, une nouvelle loi est tombée. Nous autres implantés classe C, on a désormais quinze jours pour se mettre en conformité : retirer tout implant non certifié, en poser un homologué, ouvrir un abonnement mensuel. Quinze jours, pour des gens qui n'ont jamais eu les moyens de payer un abonnement de leur vie. Ce soir, on est à sept jours de l'échéance.
Officiellement, cette loi répond à des « risques sanitaires démontrés ». Le seul risque sanitaire qu'on voit c'est de passer 10 ans en prison parce qu'on est pauvres. Et ce qu'on peut te dire, c'est que la tension est là, dans l'air, aujourd'hui plus que jamais.
On a organisé une soirée avec une conférence, du gros son, un concours d'implants, un autre de swag, et un gros hack se trame en coulisses. Clou du spectacle, Splice sera parmi nous et montrera ses derniers implants dans un show à couper le souffle.
Splice, c'est un nom, une légende, et pour certains un vrai visage. Depuis vingt ans, elle et son collectif, qui porte le même nom, Splice, posent des implants gratuits à qui ne peut pas se les payer. Elle a refusé de breveter quoi que ce soit. Elle forme, elle soigne, elle diffuse. Certains la vénèrent. D'autres pensent qu'elle joue avec des vies qu'elle ne comprend pas complètement.
Le Secteur 7 vit de ses résidents, chacun avec son commerce, son histoire, sa manière bien à lui de voir ce qui se passe. Détective, médecin, charcudoc, tatoueur, sorcière, journaliste, banquier, influenceuses, activistes, philosophe… Environ 25 résidents seront présents pour vous accueillir, vous montrer le quartier et leurs shops.
Certains d'entre eux font partie du RÉZO, le réseau social darknet du quartier, celui qu'on rejoint en gagnant la confiance de ceux qui en sont déjà. D'autres n'en feront jamais partie, et ce n'est pas un hasard.
« Le Secteur 7 tient parce que ceux qui y vivent se protègent les uns les autres, dans un monde où l'information réelle est devenue payante, alors que les pubs de merde continuent à inonder les ondes du reste de la ville en permanence. Prouve que tu es digne de confiance, prends soin de toi et de tes camarades. Viens écrire l'histoire avec nous. »